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Dialogue national inclusif : le gouvernement maintient ses lignes rouges face à la menace extérieure

Par WEBMASTER

Le gouvernement congolais maintient ses lignes rouges dans la gestion de la crise sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo, malgré l’annonce d’un dialogue national inclusif par le président Félix Tshisekedi. Lors d’un briefing de presse tenu lundi 17 août, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a présenté cette initiative comme un cadre destiné à renforcer l’unité nationale face à l’agression extérieure, sans remettre en cause la souveraineté ni l’intégrité territoriale du pays.

Interpellé sur une éventuelle évolution de la position de Kinshasa et sur la place des acteurs ayant pris les armes dans ce processus, le porte-parole du gouvernement a réaffirmé l’intransigeance de l’exécutif sur les questions territoriales et les ressources naturelles.

« Il n’y aura aucune forme de concession sur un seul millimètre carré de notre territoire », a déclaré Patrick Muyaya, ajoutant que « le gouvernement refusait également toute compromission concernant le pillage des ressources minières et les violences commises contre les populations civiles ».

Washington, Doha et dialogue national : trois processus distincts

Patrick Muyaya a distingué trois cadres engagés par Kinshasa pour répondre à la crise dans l’Est.

Le premier concerne l’accord conclu à Washington avec le Rwanda sous médiation américaine. Selon le ministre, les principes liés à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC y ont été pris en compte.

Le deuxième volet concerne les discussions de Doha avec l’AFC/M23. Ces négociations, a-t-il expliqué, visent notamment à répondre à la dimension sécuritaire de la crise et à mettre fin à la rébellion sous sa forme actuelle.

Kinshasa a par ailleurs engagé certaines mesures prévues par les mécanismes convenus, notamment celles relatives à la restitution de prisonniers et au mécanisme de vérification du cessez-le-feu.

Pour le gouvernement, l’objectif reste de desserrer la pression exercée sur les populations civiles, de mettre fin à la « gouvernance par le crime », d’obtenir le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et la cessation du soutien au M23.

Rien que pour renforcer le front intérieur

C’est dans cet environnement sécuritaire que s’inscrit le dialogue national inclusif annoncé par le Président Félix Tshisekedi. Patrick Muyaya assure que « ce processus ne doit pas être interprété comme une remise en cause des positions arrêtées par Kinshasa ».

« Il doit plutôt servir de cadre de concertation entre Congolais afin de renforcer la cohésion nationale face à la menace extérieure ».

« Nous voulons dialoguer ensemble pour créer un front commun contre l’agression », a expliqué le ministre, faisant de la défense de l’intégrité territoriale un point de convergence pour les acteurs attachés à la souveraineté de la RDC.

Cette ouverture au dialogue reste néanmoins assortie de limites. Le porte-parole du gouvernement a prévenu qu’aucun participant ne devrait utiliser ce cadre pour défendre des positions favorables au Rwanda, présenté par Kinshasa comme l’ennemi dans le conflit actuel.

La question de la participation des personnes ayant pris les armes demeure, elle, liée aux travaux préparatoires du dialogue. Patrick Muyaya a toutefois distingué les Congolais engagés dans la défense du pays de ceux qu’il considère comme des « complices » de l’agression.

Pour ces derniers, une voie de repentance reste envisageable, à condition de rompre avec toute forme de complicité et de se placer dans la défense de l’intérêt national.

Le gouvernement veut restaurer l’autorité de l’État face au phénomène Mobondo

Le briefing a également porté sur la situation dans les espaces autrefois affectés par le phénomène Mobondo, notamment dans le triangle Grand Bandundu–Kongo Central–Kinshasa.

Le ministre délégué à la Défense chargé des Anciens combattants, Eliezer Ntambwe, a présenté le phénomène comme la conséquence d’un conflit foncier ayant dégénéré, rejetant ainsi l’idée d’un conflit opposant des communautés dans leur ensemble.

« Ce n’est pas un conflit communautaire, c’est un conflit foncier qui a dégénéré », a-t-il affirmé.

Concernant les armes encore détenues par les miliciens, le ministre a reconnu qu’aucune estimation globale ne pouvait être communiquée à ce stade. Il a néanmoins indiqué que les autorités pouvaient établir le nombre d’armes déjà récupérées dans le cadre des opérations de pacification.

Au sujet du chef présumé Cobra, Eliezer Ntambwe a indiqué que les autorités privilégiaient une démarche destinée à obtenir sa reddition plutôt qu’une confrontation susceptible de prolonger les violences.

Kinshasa mise sur le dialogue sans renoncer à ses exigences

À travers ces différentes initiatives, le gouvernement congolais cherche ainsi à combiner négociations diplomatiques, discussions sécuritaires et dialogue politique interne.

Le message porté par Patrick Muyaya demeure toutefois clair : l’ouverture d’un dialogue national ne signifie pas l’abandon des exigences de Kinshasa concernant la souveraineté, l’intégrité territoriale et la protection des ressources naturelles.

Pour le gouvernement, le principal enjeu du dialogue sera désormais de parvenir à renforcer le front intérieur sans transformer cette concertation en espace de remise en cause des intérêts stratégiques de la République démocratique du Congo.

Avec Econews

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